Tirailleurs sénégalais

Cette exposition est née de l’idée de rendre hommage aux Tirailleurs sénégalais de Bondy, en cette année où il devrait pouvoir être enfin naturalisés, grâce à l’initiative lancée par Aïssata Seck, adjointe à la maire chargée des Anciens combattants et elle-même petite-fille de Tirailleur sénégalais.

La rencontre et l’échange entre ces Tirailleurs bondynois et de jeunes collégien-ne-s a semblé un excellent moyen de perpétuer la mémoire de ces  hommes qui ont servi la France. Cette rencontre a donné lieu à l’écriture de portraits par les jeunes, réalisés dans le cadre des activités d’accompagnement scolaire du service jeunesse de Bondy. Ce sont leurs textes qui sont présentés au regard des portraits photographiques, réalisés par Maurice Partouche, photographe de la Ville.


L'exposition en hommage aux Tirailleurs sénégalais de Bondy est prolongée jusqu'au 30 avril dans le hall de l'Hôtel de Ville.



Badji Ousmane

82 ans – né au Sénégal (Thionk Essyl - Casamance)

Badji Ousmane s’est engagé volontairement à 21 ans.
Sa formation militaire a été dispensée à Bayonne, dans le sud-ouest de la France. Il a fait la guerre d’Algérie durant 3 ans. Ce fut une guerre sanglante dans laquelle son frère Ablaye a péri. Ousmane a été blessé au front et cela lui a valu 3 mois  d’hospitalisation. Ousmane faisait partie du groupement des parachutistes au sein de l’armée française. Son retour auprès des siens a été triomphal et Ousmane est fier de son parcours.


Djibril MANÉ

78 ans – né au Sénégal

Né à Ziguinchor en 1939, Djibril Mané intègre l’armée française le 21 février 1955. La guerre, elle, ne débutera qu’en 1956. Durant l’année précédant la guerre, il a bénéficié d’une préparation à la base de Kaolack au Sénégal. Il a risqué sa vie pour défendre la France durant son engagement pour le « maintien de l’ordre » sur un territoire français à l’époque : l’Algérie. La guerre est non seulement physique, mais surtout mentale comme nous l’explique Djibril..


Souffi WADE

83 ans – né au Sénégal

Engagé dans l’armée à 18 ans, Souffi Wade y est resté durant 6 ans. Il a participé à la guerre d’Algérie qui a débuté deux ans plus tôt. À son arrivée en France, Souffi a suivi une formation de base, technique et théorique. Il apprend le maniement des armes. Les conditions sont rudes. Le quotidien difficile, un uniforme et des sacs lourds (notamment le casque) et un régime alimentaire strict. Pour tenir, Souffi gardait  contact avec sa famille par courrier.


Yoro DIAO

90 ans – né au Sénégal

Né en 1928 à Dagana dans la région de Saint-Louis du Sénégal, Diao Yoro est engagé à l’âge de 22 ans. Il fera la guerre d’Indochine et d’Algérie. Il a commencé des études qu’il a dû abandonner. Il a quitté le Sénégal pour le Mali, dans un premier temps, afin d’y suivre sa formation militaire : il a été préparé pour être fantassin (soldat qui se déplace à pied). Maintenant Yoro Diao est fier de ce qu’il a accompli. Il a fondé une grande famille et il est papa de dix enfants.


Alassane DIA

90 ans – né au Sénégal

Alassane Dia est né le 6 juin 1933 à Ouakam un quartier de Dakar. Il est né dans le même village que Ségolène Royal. Il est entré dans l’armée française le 24 janvier 1953 pour intégrer la section des infirmiers coloniaux pendant un an et demi. Puis, il a été désigné en 1954 pour aller faire la guerre d’Indochine. Il y est resté 2 ans. Il a fait en tout 9 ans et 6 mois dans l’armée française.
Pour Alassane Dia, il fallait avoir un mental d’acier pour participer à la guerre car les conditions étaient rudes et difficiles. Aujourd’hui, il vit au foyer de Bondy avec ses camarades de guerre. Il fait des allers retours entre la France et le Sénégal pour pouvoir profiter de sa famille restée au pays.


Guorgui M’BODJI

83 ans – né au Sénégal

Guorgui M’Bodji est né en 1933 à Keur Mari au Sénégal. Il a fait 10 ans de service dans l’armée française. Au début, il était au peloton comme sergent puis il a été appelé pour aller en Indochine. Là-bas, il était sous le régiment du capitaine Royal, père de Ségolène Royal. C’était son commandant de batterie, au camp Archinal à Ouakam au Sénégal. L’engagement militaire est une question de famille chez les M’Bodji. En effet, son grand frère, Alioune M’Bodji a aussi combattu pour l’armée
française pendant la guerre d’Algérie et son père, Malick M’Bodji, était ancien  combattant de la guerre 14-18.


N’Gohre SARR

80 ans – né au Sénégal

N’Gohre Sarr est né le 30 mars 1937 à Dakar. Il a été incorporé dans l’infanterie en 1956 et, dans la même année, arrive à Marseille. À Fréjus, dans le Var, N’Gohre est affecté à l’infanterie coloniale. Il y suivra sa formation militaire avant de rejoindre  l’Algérie. Il aura effectué au total 6 ans de service au sein de l’armée française.
N’Gorhe a dix enfants qui vivent tous au Sénégal. Il est aujourd’hui directeur de l’Office national des anciens combattants du Sénégal.


M’Baye SECK

84 ans – né au Sénégal

M’Baye Seck s’est engagé volontairement dans l’armée française le 31 janvier 1956, pour 4 ans au titre de l’infanterie coloniale dans les unités de transmission.
Il a effectué trois guerres : au Cameroun, au Maroc lors d’un passage au Sahara occidental, et surtout en Algérie. Les conditions de cette guerre sont difficiles, tellement difficiles que l’un de ses « copains », comme il l’appelle, a dû mettre fin à ses jours ne supportant pas les conditions terribles de cette guerre. « Le hasard faisant bien les choses », nous explique-t-il, il a retrouvé le fils de son défunt ami et ils ont combattu ensemble. Il a effectué au total 9 ans de service militaire au sein de l’armée française. « Pendant la guerre, c’est soit tu tues, soit tu meurs. »


Ousmane SAGNA

86 ans – né au Sénégal

Né en 1931 à Kolda au Sénégal, Ousmane Sagna s’est engagé volontairement en avril 1953 et il est préparé durant 3 ans avant de partir en guerre par bateau sur l’ancien territoire français : l’Algérie. Il faisait partie du 7e Régiment de tirailleurs sénégalais (RTS). En 1957, Ousmane est envoyé en formation afin de changer de grade : il deviendra alors sergent. Il a été amené à secourir ses « collègues » coincés à l’intérieur d’un camion suite à une chute dans les ravins. Il a malheureusement perdu dans cette bataille un « brave ami » nous raconte-t-il.


Ndongo DIENG

81 ans – né au Sénégal (Kaolak)

Ndongo Dieng s’est engagé volontairement en 1954 dans l’armée française, où il a bataillé durant la guerre d’Algérie. Durant 38 ans de service militaire (français et sénégalais), il a consacré 5 ans au sein de l’armée française, où il a eu l’honneur de devenir sergent-chef. Compétent et dévoué au sein de sa compagnie, il est désigné pour passer le brevet d’aptitude technique nº2. Il a par la suite passé son CIA, un diplôme d’aptitude physique. À la fin de la guerre, Ndongo rentre au Sénégal retrouver ses proches. Il retrouve son père, qui a fait la guerre 39-45, très fier et heureux de voir son fils devenu sergent. Aujourd’hui, Ndongo vit en France.


Macire SY

79 ans – né au Sénégal (N’dioum - région de Saint-Louis)


Momar DIOP

82 ans – né au Sénégal (Rufisque)


Mor DIOP

82 ans – né au Sénégal


Alioune M’BODJI

88 ans – né au Sénégal


Oumar DIEME

85 ans – né au Sénégal


Mohamed TOURE

83 ans – né au Sénégal (Thiès)


Abdoul Samba DIOP

86 ans – né au Sénégal


Bouna BAR

80 ans – né au Sénégal


Abdoulaye DIOP

83 ans – né en Gambie (Banjul)

Remerciements

À Alassane DIA, Yoro DIAO, N’Dongo DIENG, Momar DIOP, Djibril MANE, Badji OUSMANE, Ousmane SAGNA, N’Gohre SARR, M’Baye SECK, Souffi WADE, ces  illustres aînés pour leur témoignage.
À Mohamed AIDOUNI, Ibrahima BAH, Mélissa BAMBA, Asma BEN ALI, Nasma BEN ALI, Djeneba CAMARA, Karamba CHERIF, Malik CHERIF, Gaye DIOUMASSI, Ahmed IQBAL, Muzzamel IQBAL, Chayma KARCHOUCHE, Zeineb KHOMA,  DouniaLATOUCHANT, Azoray MATONDO, Chrisnovie MAYASSI, Diamentine MENDY, Branly N’KANZA, Bakary SAMBAKE, Hawa SAMBAKE, Serene SAMBAKE, Ali SIDIBE, Oumou SIDIBE, Alexandra TOUYA, jeunes qui les ont patiemment écoutés et ont tenté de traduire à travers leurs textes l’engagement de ces combattants  longtemps oubliés.
À Fatima BENAMAR, Amina MOKRI, Dienaba N’DIAYE, Adams TRAORE, animateurs qui les ont accompagnés.
À Aïssata SECK et Hadjanité DIABY, conseillère municipale déléguée à la Jeunesse pour leur aide et encouragements.

Actualité

27 tirailleurs sénégalais, dont 18 résident à Bondy, sont convoqués samedi 15 avril 2017 à l’Elysée. Ils sont les premiers à obtenir leur décret de naturalisation. Le plus jeune a 79 ans, le doyen, 91.

 

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