Ruben Gavarin – Les ailes du désir

Ce Bondynois est un jeune plein d’ambition qui a déjà accompli la première étape de son rêve d’enfance. Titulaire d’une licence de pilote privé, il parcourt dans son avion de tourisme la France entière, en attendant mieux !

Dans Bondy Mag, on met souvent en avant, dans cette rubrique, des artistes, musiciens, comédiens, sportifs en tout genre ou simplement des acteurs méritants de la société civile bondynoise. Cette fois, un aviateur, c’est plutôt rare ! Arrivé enfant à Bondy, ce jeune homme de 24 ans au sourire communicatif a découvert très tôt sa future vocation. « J’ai eu la chance de pouvoir entrer dans le cockpit d’un avion de ligne quand j’étais gamin, se souvient-il, des paillettes plein les yeux. Depuis ce moment, j’ai voulu devenir pilote. »

Le jeune Ruben tanne ses parents et, bien qu’ils n’aient aucune connaissance du milieu aérien, finissent par craquer en inscrivant leur fils dans l’aéroclub le plus proche, celui de Chelles, à l’âge de 15 ans. Ruben y ressentira, avec son instructeur, ses premières émotions en vol. « Nous payons un tarif à l’heure de vol en entrant tout de suite dans
le vif du sujet, car la théorie en salle de cours et la pratique se déroulent parallèlement. » Appliqué et déterminé, Ruben décroche à 21 ans sa première licence de pilote privé. « J’ai commencé à 17 ans. Normalement, on peut boucler cette licence en deux ans, mais il a fallu combiner mes cours d’aviation avec ma scolarité », admet le jeune homme.

Entre temps, Ruben change d’aérodrome pour celui, plus vaste, de Lognes-Emerainville et s’inscrit au réputé aéro-club Air France, fondé par des membres du comité d’entreprise de la compagnie aérienne française. Il prend rapidement du galon, puisqu’il fait désormais partie du conseil d’administration. Le Bondynois gère même la section maintenance et suivi de l’entretien des appareils. Détenteur de son permis de voler, le jeune pilote peut désormais s’adonner à sa passion, seul ou accompagné. « En vol, je me sens libre, comme dans un autre monde, reconnaît-il. Avant, il y a toute la préparation, toujours intéressante, le plan de vol, les limitations d’altitude ou les zones interdites de survol, comme les prisons ou les centrales nucléaires. Une fois en l’air, il faut être concentré, méthodique et rigoureux, mais ce n’est que du bonheur ! »

Vol d’envie

Ce bonheur, Ruben tient aussi à le partager : « J’invite vraiment les Bondynois passionnés d’aviation à visiter l’aérodrome de Lognes pour découvrir les appareils et les clubs. Il y en a plusieurs sur le site et chacun peut trouver celui avec lequel il aura le meilleur feeling.
Nous avons la chance en Seine-Saint-Denis d’être à proximité de deux grands aéroports internationaux, Orly et Roissy-Charles-de-Gaulle, sans oublier celui du Bourget pour l’aviation d’affaires. »

Le jeune pilote a aussi rapidement voulu faire profiter ses proches de ses nouvelles compétences : « Cet été, j’ai emmené des amis en avion. Nous sommes descendus dans le sud, en passant par Lyon, Chambéry, Aix-en-Provence et Montpellier. »  Contrairement au permis voiture, qui permet de conduire tous types de véhicules, la licence de pilote privée est plus restrictive. Si elle constitue un sésame de base pour voler, le jeune pilote devra ensuite passer des qualifications pour ajouter des cordes à son arc. « Pour l’instant, je suis autorisé à voler dans un avion monomoteur de six places au maximum, explique-t-il. Je suis en train de passer ma qualification pour le vol de nuit et, l’année prochaine, celle pour piloter un bimoteur. »

L’avion qu’il loue à son aéro-club croise à une altitude moyenne de 1 500 mètres, avec un plafond de 3 000 mètres environ. « Nous sommes limités en altitude, car l’appareil n’est pas pressurisé », précise Ruben. Les 180 chevaux de son moteur lui suffisent pour atteindre les 250 km/heure en vitesse de pointe et boucler le voyage à Lyon en deux heures, « comme le TGV car, en préparant mon plan de vol, je trace une ligne droite qui raccourcit le parcours ! »

Aller plus haut

Mais le jeune homme voit beaucoup loin… et plus haut ! Maintenant qu’il a goûté aux sensations d’un vol libre, il ne veut plus redescendre. Il sera pilote professionnel. « C’est mon plus cher désir, confesse-t-il. Je veux en faire mon métier, quel que soit le secteur d’activité. Avec une licence professionnelle, je pourrais postuler pour être pilote dans l’aviation d’affaires, le fret, ou encore la photographie aérienne, voire le remorquage des planeurs. Bien sûr, dans un coin de ma tête, il y a aussi la volonté de devenir pilote de ligne, aux commandes de moyens et longs courriers. »

La formation professionnelle dure environ deux ans. Ruben l’a déjà entamée et continue de voler régulièrement pour accumuler de l’expérience. Un certain nombre d’heures de vol est nécessaire pour passer des qualifications supplémentaires, dont la licence professionnelle. « J’en suis à 120 heures de vol et, pour la première qualification pro, il faut 200 heures, dont 100 en tant que commandant de bord », rappelle Ruben. Il compte bien arriver à décrocher cette licence à la fin de l’année 2027 ou début 2028.
« Ensuite, je pourrai commencer à envoyer des CV ! », s’enthousiasme le Bondynois volant.

S’il y a une qualité dont le jeune homme ne manque pas, c’est la motivation : « C’est une activité qui demande énormément de temps et d’investissement personnel. J’ai beaucoup travaillé pour pouvoir me payer ma licence et l’aviation occupe tous mes loisirs. C’est une passion gratifiante mais exigeante. On ne peut pas devenir pilote sur un coup de tête. »
Si sa tête est souvent dans les nuages, Ruben la garde bien plantée sur ses épaules !

Aéro-club Air France Lognes : https://www.acaf-lognes.fr

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