Emy Martins, fonceuse

Rien n’arrête Emy Martins. La jeune femme a décidé de passer outre son handicap auditif pour se consacrer pleinement à sa passion du tennis, en jouant sur les deux tableaux, à la fois en tennis classique et en paratennis !

Découverte alors qu’elle était une toute jeune enfant, la surdité d’origine génétique dont souffre Emy Martins ne l’a pas empêchée de commencer très tôt une activité sportive. D’abord les arts martiaux à trois ans, avant de bifurquer vers le tennis deux ans plus tard. « Je ne sais pas pourquoi j’ai voulu faire du tennis, il n’y a pas de raison particulière mais cela m’a tout de suite plu et je n’en suis jamais sortie ! » Emy débute à l’AS Bondy et y restera cinq ans. Ses professeurs détecteront vite des aptitudes particulières en lui proposant des cours individuels.

« J’ai appris toutes les bases de mon tennis à Bondy, puis je suis partie dans le club des Pavillons-sous-Bois et, ensuite, au Raincy pour suivre un de mes coaches. Mais nous habitons toujours à Bondy ! ». La jeune joueuse progresse rapidement dans le classement national et enchaîne les bons résultats dans les tournois au milieu des joueuses valides, malgré son
handicap, invisible mais pénalisant.

En dépit de leurs progrès techniques, les appareils auditifs d’Emy ne lui permettent toujours pas de gommer totalement sa déficience. « Je ne capte pas toutes les nuances, insiste la jeune femme. Par exemple, la différence entre une balle frappée plus ou moins fort, slicée ou liftée. Je dois donc davantage me fier à ma vision pour anticiper mon placement.
Parfois, il m’arrive de ne pas entendre quand je casse le cordage de ma raquette ».

Sur tous les fronts

Il y a un an, Emy découvre, presque par hasard, l’existence de compétitions de tennis pour les malentendants « Mon audio-prothésiste m’a mis en relation avec un de ses patients qui y jouait et j’ai pu ensuite faire connaissance du coach des joueuses françaises », rappelle-t-elle. Après un test concluant, Emy est qualifiée pour participer aux Masters de la discipline, équivalent au championnat de France, qu’elle remporte pour sa première participation ! « La grande différence est qu’on joue sans appareil auditif pour que tout le monde soit sur le même pied d’égalité, précise la championne de la petite balle jaune. C’est une ambiance différente, mais j’aime bien. Cela permet d’être complètement dans sa bulle, sans se faire déconcentrer par un avion qui passe ou par les cris de la joueuse adverse quand elle frappe dans la balle ! »

Optimiste de nature, Emy s’adapte à toutes les situations, heureuse et pleinement épanouie quand elle joue au tennis. Même si elle a décroché son bac, à la grande joie d’Anne, sa maman, elle a mis ses études entre parenthèses pour passer le plus de temps possible sur les courts, pour jouer ou pour enseigner. « J’ai mon certificat de qualification professionnelle
et je vais passer mon diplôme d’état cette année », dit-elle avec ambition. En attendant, la jeune Bondynoise a une échéance sportive importante. Elle a été retenue parmi les quatre meilleures joueuses françaises de paratennis pour participer aux 25e Deaflympics*, les Jeux Olympiques pour les malentendants, qui ont lieu tous les quatre ans depuis
1924. « Je pars pour Tokyo avec l’équipe de France en novembre prochain. Mon but est d’aller le plus loin possible dans la compétition… et, bien évidemment, je rêve d’une médaille ! »

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