Pascal Bugel, Artiste sans contrainte

Vous ne le savez peut-être pas, mais la sculpture en bois représentant Marianne qui trône depuis quelques semaines sur l’esplanade Claude Fuzier est l’oeuvre d’un agent de la ville, jardinier professionnel et sculpteur amateur éclairé !

Il est né à Bondy et il est resté fidèle à son métier de jardinier à la ville, poste qu’il occupe depuis plus de 35 ans. Pascal Bugel fait partie de ces agents indispensables qui oeuvrent quotidiennement, en toute discrétion, pour rendre la ville plus belle et plus praticable. Jardinier élagueur, il taille les arbres et massifs dans les parcs et rues de la ville.

« C’est un travail difficile et, avec l’âge, je ne peux plus passer autant de temps sur la cime des arbres, alors j’opère désormais davantage au sol ».

Si manier une lourde tronçonneuse en haut d’une échelle n’est pas à la portée de tout le monde, c’est peut-être ce qui a contribué à sa vocation de sculpteur.

« Je n’ai jamais pris de cours, c’est venu comme ça. Peut-être que le fait de tailler les arbres m’a rendu plus agile à la tronçonneuse, c’est un outil dont je me sers pour mes

sculptures ». Car Pascal est devenu artiste sur bois par hasard, ou presque. « On m’avait demandé de donner un coup de main pour fabriquer des décors sur le thème des Fables de La Fontaine en taillant des morceaux de polystyrène ».

Son travail séduit et on l’appelle de nouveau pour d’autres projets.

« Le polystyrène est facile à modeler mais pas très durable, alors j’ai essayé sur du bois et ça m’a plu, même si c’est plus délicat ». Et c’est aussi une manière de recycler utilement les troncs d’arbres malades qu’il est obligé d’abattre dans le cadre de son métier. « J’ai parfois de mauvaises surprises, avec du bois trop abimé pour être sculpté, mais je prends tout ce qu’il y a même si j’ai une préférence pour le tilleul, un bois tendre et plus facile à travailler ».

La bonne méthode

À chaque fois qu’on lui propose un thème, Pascal pense à une œuvre en rapport. Il emploie toujours la même méthode qui a fait ses preuves.

« Après le dégrossissage à la tronçonneuse pour une première ébauche de la forme désirée, je poursuis avec une ponceuse à bande, puis je m’attaque aux détails à l’aide d’un Dremel et de ciseaux à bois ».

Depuis quelques années, plusieurs des œuvres de Pascal ont décoré une rue ou une place bondynoise. En plus de la Marianne de l’esplanade, vous pouvez encore apercevoir le grand stylo-plume sur le parc de la mairie, la chouette à l’entrée de la place du 11 novembre ou encore l’herbier un peu plus loin, rue des frères Darty. Et il faut en profiter car les sculptures ne sont pas éternelles.« Une fois que le bois est trop dégradé par les intempéries, elles ne sont pas récupérables ». Pascal finalise environ une œuvre par an, il vient d’achever la dernière en date qui va bientôt orner la place Dian Fossey.

« Il s’agit d’un gorille, pour rendre hommage à cette femme célèbre qui a passé sa vie à étudier et protéger les grands singes. C’est une sculpture de belle taille, elle m’a pris cinq semaines, en travaillant dessus six heures par jour ». Modeste, Pascal ne se considère pas comme un vrai sculpteur, « car je n’ai pas de formation », il est néanmoins un véritable artiste qui prend du plaisir à ce qu’il fait, sans contrainte. « Je suis content qu’on me demande de sculpter, et satisfait si ça plaît au plus grand nombre. Ce n’est pas plus compliqué que cela ! »

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